Edito du Père Dominic



22 avril 2018 Quatrième dimanche de Pâques

« Être reconnus pour nous-mêmes, par quelqu’un qui nous aime… » qui n’a pas connu ce souhait, surtout aux heures de solitude et d’angoisse ? Nous sentons bien que cela nous permettrait d’avancer les choses, de vivre. Écrasés, enfoncés par tant de regards qui nous méconnaissent et qui nous jugent, nous pourrions nous redresser. 

« Je connais mes brebis par leur nom » déclare Jésus aujourd’hui, dans l’évangile. Jean affirme : « Nous sommes appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. » Appelé au nom du Seigneur, un infirme se lève, au grand désarroi de ceux qui veulent empêcher le développement de la foi nouvelle. Pierre y insiste : « c’est grâce au nom de Jésus le Nazaréen…que cet homme se trouve là devant vous, guéri. » À la création du monde, une tâche fondamentale du Créateur, qu’il a même passée à l’homme (Gn 2) est de nommer la création. Nommer ! Un tel geste divin qui ne peut se comparer à l’acte d’identifier. Dieu ne fait pas que nommer, il se donne aussi un nom : d’abord, « Celui-qui-est », et puis « Jésus le Nazaréen ». Ce nom qui est au-dessus de tout nom, à la mention duquel tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre (Phil 2, 10).

 Dans un univers où les hommes et les femmes se sentent de plus en plus anonymes, noyés dans la masse ; dans un monde où les idéologies de l’humanisme athée, à plusieurs visages, suppriment l’homme en tant que tel, une personne ; dans un monde où les cultures de mort, déguisées en certains nationalismes sociaux, cherchent à remplacer la personne humaine avec un code ou un numéro sans visage, pour la vouer finalement au délire de matérialisme meurtrier et de consommation ; saurons-nous entendre l’appel de Jésus, lui qui nous connaît chacun par le nom reçu au jour de notre Baptême ? Saurons-nous regarder les autres en tant qu’êtres portant un nom et identifiés par Dieu personnellement, comme le fit Pierre ? Saurons-nous regarder la création de Dieu, notre environnement, les arbres et la terre, l’air que nous respirons, l’eau de la mer et de l’océan, etc., en tant qu’êtres nommés par Dieu lui-même et identifiés, chacun, avec amour et son épanchement divin ? Ainsi saurons-nous refléter dans notre regard celui même de Dieu sur chacun de nous et sur le cosmos entier.  

    
Dominic +